Le Brexit : causes et conséquences

 

Conférence organisée par la Maison de l’Europe le 17 mars 2017

 

Prise de notes par Roger Courtinat

 

1 – Le Brexit : Roberto Bendini

 

Rappel sur les liaisons « tumultueuses » du Royaume Uni avec l’UE .

 

W Churchill, dès 1946, avait une vision éclairée sur la nécessité d’ériger les Etats Unis d’Europe.

 J Monnet et R Shumann ont été les artisans de la création de l’espace européen (CECA, CEE). Les anglais n’ont pas souhaité adhérer au départ, l’ont souhaité plus tard en se heurtant au refus du Gal De Gaule. Il a fallu attendre 1973 pour que la demande d’adhésion du R U soit acceptée. L’économie anglaise était en situation difficile.

Le PIB  du RU s’est redressé à partir de 1980 (base 100) jusqu’en 2004 (140). Les effets de l’adhésion ont été positifs. 55% de l’export du RU se réalise avec l’UE.

 

L’immigration s’est révélée être la raison essentielle à l’origine du Brexit. A noter que l’immigration d’origine UE est inférieure à celle des pays de l’ancien Commonwealth.

 

Une série d’arguments infondés ont alimenté les débats au RU ;

Tout particulièrement l’aspect financier : la contribution au budget de l’UE s’élève à 340 livres sterling par foyer. Les pro Brexit anticipaient un effet positif de 3000 LS par foyer après la sortie. Ce chiffre  a été oublié dès le lendemain du référendum !!!

Comment le Royaume Uni peut il retrouver sa prestance de grande nation commerciale face aux géants économiques (USA, Chine, Inde, Russie, Brésil,..) ?

 

2 – Conséquences : Professeur Lequesne

 

Base de la négociation : Le RU souhaite ne pas dissocier les conditions de sortie et les conditions de nouvelles relations.

L’UE entend dissocier.

 

Conséquences pour le R Uni :

Le RU est toujours dans l’Europe, mais sa monnaie s’est dévaluée. La valeur des exportations est plus compétitive, mais le coût des importations s’est fortement accru avec l’incidence à venir sur l’inflation.

Le RU fait toujours 50% de son commerce international avec l’UE et très peu avec l’Australie. Sa volonté est de le réorienter vers le marché mondial, sous réserve de compétitivité.

Des pays tiers (USA, Japon) ont massivement investi au RU pour bénéficier de l’accès indirect au marché européen, quid pour demain ?

Le marché du travail anglais offre malgré tout une flexibilité favorable aux investissements étrangers, en particulier dans le secteur de la finance.

Dans le domaine des hautes technologies industrielles, le RU sera concurrencé par l’Allemagne, la France, plus performantes.

Le RU aura toujours besoin de main d‘œuvre sous payée ( ex les grandes exploitations du nord embauchent des travailleurs polonais, lituaniens).

1 million de polonais vivent au RU, 350 000 français. 1 million d’anglais vivent en Espagne, 1200 experts anglais travaillent à Bruxelles. L’incidence du Brexit aura des répercussions encore imprévisibles, mais réelles.

 

Conséquences pour l’UE :

Peu d’impacts sur les flux commerciaux, sauf pour l’Irlande.

Réduction du poids économique de l’UE dans les futures négociations avec les grands pays. La sortie du RU va réduire le dynamisme économique.

Le risque de contagion est réel.

En matière de défense, le RU est  copilote avec la France mais bloque toute volonté de création d’une défense européenne. La perte des compétences du renseignement anglais est un handicap.

 

 

Au final, nous sommes entrés dans une période bien incertaine, avec des conséquences non anticipées pour les deux parties.